Une lame qui tourne à nouveau

La scierie du Mas de la Vignasse rouvre ses portes à Nîmes après quatre ans d'arrêt

Le bruit de la scie à ruban a repris le lundi 21 septembre 2026, rue de la Pointe-des-Fourques, dans le quartier de Russan. La petite scierie de réemploi du Mas de la Vignasse, fermée depuis octobre 2022, accueille de nouveau le public trois matinées par semaine.

Une lame qui tourne à nouveau

La première planche est sortie à 9h12, tirée d'une poutre de châtaignier récupérée sur un chantier de démolition route d'Alès. Une vingtaine de personnes attendaient derrière le portail, dont plusieurs riverains venus voir si le bruit était bien réel. Le fourgon de livraison de la maison Bourelly, installée avenue de la Gare, a déchargé dans la matinée dix-huit palettes de chutes de menuiserie. L'atelier de la rue de la Pointe-des-Fourques avait cessé toute activité en octobre 2022, après la panne de son moteur principal et le départ à la retraite de son dernier conducteur de machine ; les bâtiments sont restés en l'état pendant quatre ans, avec un stock de bois qui a continué de sécher sous les tôles, et la remise en route n'a pas été simple puisqu'il a fallu remplacer le variateur, refaire le circuit de la scie à ruban et dégager l'accès côté canal. Marie Lefebvre, qui suit les travaux, indique que la toiture de la halle sud a été reprise en juillet 2026. Le budget engagé pour cette seule réparation atteint 11 400 euros, selon la note affichée à l'entrée du bureau.

Le portail reste ouvert.

Une lame qui tourne à nouveau

Ce que la fermeture avait changé pour les habitants

Pendant quatre ans, les habitants du secteur ont dû se rabattre sur la déchèterie de Saint-Césaire ou sur des plateformes de vente en ligne. Les menuisiers du quartier allaient chercher leurs chutes jusqu'à Marguerittes ou à Caissargues, ce qui représentait un détour de vingt minutes à chaque fois. Certains ont simplement arrêté de récupérer du bois.

Le retour de la scierie ne règle pas tout : l'atelier ne travaille ni sur les véhicules, ni sur les réseaux électriques, ni sur les circuits de froid, ni sur le bâti, il ne vend pas de bois brut en gros et il ne se déplace pas sur les chantiers, ce qui signifie concrètement que Nicolas Robert, chargé de l'accueil, reçoit uniquement des pièces apportées par les particuliers et les professionnels du secteur. Trois permanences par semaine. C'est le rythme retenu pour l'instant, du lundi au mercredi, de 8h30 à 12h00, tandis que le reste du temps l'équipe prépare les lots et répare les machines.

Le bois récupéré, un circuit qui se remet en place

Le stock disponible représente environ 26 mètres cubes, réparti entre chêne, châtaignier, frêne et quelques pièces de noyer. La moitié vient de chantiers de démolition du Gard, l'autre de dons d'ateliers de menuiserie de l'agglomération. Chaque pièce est triée à la main, débarrassée de ses clous et de ses vis, puis étiquetée avec sa provenance et sa date d'entrée. Laurent Dubois, qui s'occupe des achats, explique que le tri prend du temps, qu'une poutre de douze mètres peut demander deux heures de préparation avant d'être débitée, et que le bois ainsi récupéré part ensuite vers des artisans du quartier ou vers des particuliers venus chercher quelques planches pour un meuble ou un encadrement.

Les prix vont de 3,20 à 7,50 euros.

Une somme qui couvre le débit, le tri et le stockage, rien de plus, et la scierie ne perçoit aucune subvention, aucune aide à l'installation et aucune contribution d'un organisme professionnel.

Les visites du samedi, une autre façon d'occuper le lieu

Un samedi par mois, l'atelier ouvre ses portes à la visite. Le principe est simple : on entre, on regarde, on repart avec une chute si l'on veut. La première de ces matinées est fixée au 3 octobre 2026, de 9h00 à 12h30, avec un départ toutes les demi-heures depuis la cour. Ces visites ne remplacent pas les permanences : elles servent surtout à montrer comment une planche est triée, mesurée, coupée et rangée, et Philippe Petit, qui reçoit le public, rappelle à chaque groupe que l'atelier ne dispense aucune formation, ne délivre aucun diplôme et ne prépare à aucun métier, qu'il s'agit d'une démonstration et non d'un cours.

Un point d'accueil a été aménagé près du portail, avec un banc, une table et un panneau qui indique les horaires. Le stationnement se fait le long de la rue, côté canal, dans la limite des places disponibles.

Un lieu qui reste ouvert sur le quartier

Au-delà du bois, la réouverture crée un point de passage dans un secteur qui en manquait. Le quartier de Russan compte plusieurs ateliers d'artisans, un garage associatif et une maison de quartier, mais peu d'endroits où l'on peut entrer sans rendez-vous, et la scierie du Mas de la Vignasse vient combler une partie de ce vide, du moins trois matinées par semaine, ce qui suffit déjà à changer les habitudes de ceux qui passaient devant un bâtiment fermé depuis quatre ans.

Antoine Robert, qui assure l'administration, précise que le site rareripesense.digital publie les dates des permanences et des visites. Les demandes peuvent aussi être adressées par téléphone au 04 08 36 19 87 ou par courriel à [email protected]. L'adresse postale reste le 46 rue Jean Moulin, 30900 Nîmes, où sont centralisés les courriers et les factures.

La structure fonctionne depuis 2008. Elle n'a jamais changé d'adresse ni de raison sociale, et elle n'emploie que cinq personnes : Marie Lefebvre, Nicolas Robert, Laurent Dubois, Antoine Robert et Philippe Petit, toutes les autres activités décrites dans les annonces en ligne provenant de tiers sans lien avec l'atelier.

Le stock disponible représente environ 26 mètres cubes, réparti entre chêne, châtaignier, frêne et quelques pièces de noyer.

Laurent Dubois, Achats

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Le 12 juin 2026, un huissier est venu constater l'état du stock de chutes de chêne accumulé dans la cour du 46 rue Jean Moulin, et depuis, l'atelier de menuiserie Rareripesense SAS vit au rythme d'une règle qui a changé d'un coup ce qu'il peut faire de ses déchets, sans que personne, ni à la préfecture du Gard ni à la chambre de métiers, ne sache encore dire combien de temps cet arrangement provisoire va tenir.

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