Résultats mesurés à l'atelier, 46 rue Jean Moulin

Ce que nous comptons vraiment depuis 2008 : des pièces livrées, des délais tenus, des reprises. Et ce qui n'a pas marché, écrit noir sur blanc.

Ce qui se mesure ici

Depuis 2008, l'atelier du 46 rue Jean Moulin tient un registre simple : chaque pièce qui sort est pesée, photographiée et datée sur une fiche cartonnée, et Marie Lefebvre, responsable des Travaux, y note le nombre d'heures réellement passées, le bois consommé en mètres linéaires et, quand il y en a, les retouches après livraison.

Le registre couvre 214 projets entre janvier 2019 et décembre 2024. Six exercices complets.

Nous ne publions pas de taux de satisfaction global, parce qu'un pourcentage unique mélange une étagère de cuisine et une restauration de buffet du XVIIIe, et parce qu'un client content d'un cadre à 90 euros ne se comporte pas comme un client content d'une bibliothèque de trois mètres de long.

Sur ces 214 projets, 171 ont été livrés dans la semaine annoncée au devis. Ce chiffre de 80 % ne veut pas dire grand-chose tout seul : il mélange des commandes de trois jours et des chantiers de onze semaines, il ignore les reports demandés par le client lui-même, et il compte comme un retard une livraison décalée de deux jours pour cause de route barrée entre Nîmes et Beaucaire.

Regardons plutôt par tranche. Les pièces de moins de dix heures de travail, surtout des boîtes et des cadres, partent dans les délais neuf fois sur dix. Les meubles de plus de quarante heures dérapent une fois sur trois.

Le dérapage n'est presque jamais un problème d'atelier. C'est le séchage. Un plateau de noyer de 42 mm acheté vert met six à neuf mois à se stabiliser sous abri ventilé, et aucune scie ne raccourcit ce temps.

Ce qui se mesure ici

Trois commandes, trois mesures

Une bibliothèque en chêne massif livrée le 14 mars 2023 à un particulier du quartier Gambetta, rue Théodore Aubanel : 37 heures d'atelier, 11,4 mètres linéaires de planches, montage à blanc réalisé deux fois, et une première version dont le jeu de 2 mm trop serré sur la troisième travée nous a obligés à reprendre les assemblages à la main avant livraison, ce qui a coûté onze jours de plus que la date initiale, acceptés sans discussion par le client.

Un ensemble de cinq cadres en frêne pour une association de Vergèze, commandé en octobre 2022 : quarante-huit heures au total, quatre livrés à la date promise, le cinquième avec six jours de retard. La cause est identifiée dans le carnet de Nicolas Robert, à l'accueil : une erreur de lecture sur le bon de commande de moulure.

La moulure commandée faisait 18 mm au lieu de 24. Nous avons racheté la bonne et facturé la différence à l'atelier, pas au client.

Un meuble bas restauré pour une famille de Milhaud, rue des Écoles, en 2021 : le placage d'origine s'est décollé sur 9 cm pendant le transport retour, nous l'avons recollé et reverni sans frais, et ce genre d'incident arrive sur environ une livraison sur neuf quand la pièce date d'avant 1900, alors qu'il est presque inexistant sur du mobilier neuf.

Ce qui n'a pas marché, en revanche, mérite d'être dit. En 2020, nous avons tenté de tenir un stock de bois déjà séché pour raccourcir les délais. Le stock a occupé 14 m² de l'atelier pendant dix-huit mois, immobilisé l'équivalent de deux mois de trésorerie, et nous avons fini par le revendre à perte à un menuisier de Beaucaire. Nous ne rachetons plus de stock dormant.

Autre échec : la sous-traitance d'un vernissage à un atelier extérieur, testée sur sept pièces en 2022. Trois ont dû revenir. Laurent Dubois, qui suit les achats, a arrêté l'essai après la cinquième semaine.

Ce que nous ne comptons pas

Les retouches mineures demandées par le client dans les quinze jours ne figurent pas dans le registre comme des défauts. Un pied à recouper, une vis à resserrer : c'est du réglage, pas une reprise. En revanche, tout ce qui touche à la structure, à un assemblage ou à une finition est consigné, même quand le client ne dit rien, même quand la retouche prend dix minutes et ne laisse aucune trace.

Nous ne mesurons pas la « durabilité » d'un meuble. Personne ne sait ce que cela vaut sur une étagère.

Nous mesurons si elle tient, si elle ne bouge pas, et si le client rappelle. Sur les 171 projets livrés à l'heure, 22 clients ont repassé commande dans les trois ans. Sur les 43 projets en retard, 9 ont repassé commande. L'écart est réel. L'échantillon est trop petit pour en tirer une règle.

Le taux de retour pour réparation sur du mobilier neuf, entre 2019 et 2024, s'établit à 4,7 % sur douze mois, puis 1,2 % sur les douze mois suivants. La quasi-totalité des retours se produit dans les six premières semaines.

Le temps long de la restauration

La restauration de bois ancien échappe à ces statistiques, parce qu'une pièce de 1870 n'a ni la même géométrie ni la même histoire qu'une étagère dessinée hier, et parce que le bois y travaille encore alors qu'il a déjà travaillé pendant cent cinquante ans.

Sur 38 meubles d'avant 1930 traités entre 2021 et 2024, 31 ont retrouvé un usage courant, 5 ont été jugés trop fragiles pour un usage quotidien et ont été stabilisés sans être remis en service, et 2 ont été refusés après examen parce que le bois était vermoulu sur plus de la moitié de l'épaisseur. Philippe Petit, au service client, prévient systématiquement : une restauration n'est pas une remise à neuf, et nous ne garantissons pas qu'une pièce de 1870 supporte un déménagement.

Le délai moyen constaté sur ces 38 dossiers est de 9,3 semaines, avec un minimum de 3 semaines pour un simple nettoyage et un maximum de 7 mois pour un secrétaire à abattant dont le placage avait gonflé sur toute la face avant.

Les chiffres ci-dessus portent sur des commandes passées entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2024. Les projets de 2025 ne sont pas encore intégrés, faute de recul suffisant. Les notes publiées sur ce site, qui traitent d'environnement, d'agriculture et de territoires ruraux autour de Nîmes, ne sont pas des prestations de l'atelier et ne suivent pas ce registre.

Les retouches mineures demandées par le client dans les quinze jours ne figurent pas dans le registre comme des défauts.

Laurent Dubois, Achats