Ce qui a changé rue de la République
Le lundi 1er octobre à 7h50, les premiers horodateurs du secteur nord ont affiché 1,20 euro l'heure, contre 0,90 euro sur les quais. La mairie de Nîmes a validé l'extension en conseil le 12 septembre, par 34 voix contre 11, et les panneaux bleus sont apparus dans la nuit du 29 au 30 septembre. Rue de la République, rue du Cirque Romain et boulevard Talabot, la gratuité s'arrête désormais à la première demi-heure.
Marie Lefebvre, qui dirige les travaux chez Rareripesense, 46 rue Jean Moulin, a fait le calcul dès le mardi matin. Trois dépôts de meubles dans le faubourg, deux chantiers de restauration, un retour à l'atelier : la tournée qu'elle faisait entre 9h et midi la veille demande maintenant une pause de recharge à 11h20 et un second ticket à 13h40. « Je ne peux pas laisser le fourgon à 300 mètres du client avec une commode dedans », dit-elle. Le parking Carnot, à 400 mètres, ouvre à 7h00 et ferme à 20h00, mais la place la plus proche de l'entrée mesure 2,30 mètres de large ; le fourgon en fait 2,05 avec les rétroviseurs repliés.
La mesure ne concerne pas les livraisons en zone piétonne, où les autorisations temporaires restent délivrées par la police municipale. Elle touche en revanche les professionnels qui s'arrêtent entre deux adresses, souvent moins de vingt minutes.
Les premiers touchés : livraisons et dépôts
Nicolas Robert, à l'accueil, reçoit les appels depuis une semaine. Il note une question qui revient : décaler les rendez-vous de dépôt avant 9h ou après 17h. Une cliente du quartier des Arènes a proposé de garer elle-même sa table dans la cour de l'immeuble pour éviter l'amende ; la manœuvre a pris quarante minutes et deux personnes.
Laurent Dubois, qui gère les achats, a modifié l'ordre des tournées de scierie. Le bois arrive désormais le mardi et le jeudi, jours où il a deux véhicules disponibles, au lieu du lundi et du mercredi. Ce changement libère des créneaux mais concentre les déchargements sur deux matinées. Il estime à 18 euros par semaine le coût supplémentaire des horodateurs, un chiffre modeste à l'échelle de l'atelier, mais qui s'ajoute aux 11 euros de carburant déjà consommés par les détours vers le parking Jean-Jaurès.
Philippe Petit, au service client, prévient les particuliers deux jours avant chaque intervention. Il propose l'alternative suivante : l'apport direct à l'atelier, rue Jean Moulin, du lundi au jeudi entre 8h30 et 17h30, et le vendredi jusqu'à 15h00. L'atelier reste fermé le week-end, comme avant.
Un an d'observation avant d'élargir
La municipalité parle d'une phase d'évaluation jusqu'en septembre 2027, avec comptage des rotations et des recettes. Une réunion publique est prévue le 14 janvier à la maison de quartier, 12 rue Clérisseau. Les habitants y poseront sans doute la question des livraisons, déjà soulevée par trois commerçants de la rue des Marchands lors de la séance de septembre.
Antoine Robert, à l'administration, a classé les justificatifs de stationnement dans un dossier séparé. Il ne s'attend pas à une régularisation, seulement à une comptabilité claire des déplacements. « On veut savoir combien la mesure nous coûte, pas la contester », dit-il.
Rien n'indique pour l'instant un retour en arrière. Le dispositif s'applique du lundi au samedi, de 9h00 à 19h00, hors jours fériés.
Ce que cela ne règle pas
Le stationnement n'est qu'un des sujets de la note municipale publiée le 20 septembre, qui évoque aussi la piétonnisation progressive du centre et l'élargissement des terrasses. Sur ces deux points, les artisans du bois attendent des précisions. Une terrasse qui gagne un mètre, c'est une place de déchargement en moins, et les tournées se resserrent.
Marie Lefebvre résume la situation à sa manière : le travail ne manque pas, la place pour s'arrêter, si. Elle a commandé un diable pliable à 149 euros, livré le 26 septembre, pour réduire les portages depuis le parking Carnot. Petite dépense, gain réel sur une journée de six heures dehors.