Un précédent, pas un modèle

À Nîmes, les copeaux de l'atelier chauffent la cantine de la rue Vincent Faïta

Le 12 juin, un camion a déchargé deux mètres cubes de chutes de chêne à la cuisine centrale du quartier Pissevin. Trois semaines plus tôt, personne n'aurait parié un centime sur cette livraison.

Un précédent, pas un modèle

L'expérience de Pissevin ne se transplante pas partout. Elle tient à trois conditions : un atelier de menuiserie à moins de 10 kilomètres, un transport déjà existant sur le trajet, et un site capable de brûler un combustible irrégulier. Réunir les trois relève souvent du hasard. La cuisine centrale a accepté le test parce qu'elle cherchait une solution depuis dix-huit mois et que le gaz avait augmenté ; l'atelier a accepté parce que sa benne le gênait.

Ce qui reste, au fond, c'est une habitude déplacée. Pendant dix-sept ans, les chutes ont été traitées comme un rebut, sorties par la porte de derrière sans que personne ne se demande à qui elles pourraient servir. Depuis le 12 juin, elles entrent par la porte de devant, à 9 kilomètres. Marie Lefebvre le dit sans emphase : on a juste arrêté de jeter ce qui brûle. La prochaine étape, si le conseil de quartier suit, serait un dépôt partagé rue Vincent Faïta, ouvert deux matinées par semaine, tenu par deux bénévoles et approvisionné par l'atelier. Rien n'est décidé. Le camion de Bezouce repassera le 26 juin.

Un précédent, pas un modèle